Alice Karekezi Interview (en Français): Conversations avec l'Histoire; Institute of International Studies, UC Berkeley

| Photo Jane Scherr |
See also the interview with Alice Karekezi in English by Harry Kreisler
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Alors vous êtes allée [au Rwanda]. Décrivez un peu le rôle que vous avez joué et que vous jouez toujours, entre les femmes qui sont victimes des crimes sexuels et le Tribunal International? Parce que vous vous trouvez là. Vous êtes alors entre le droit et les Clémentines.
Je suis toujours inconfortable quand il s'agit de parler du rôle que je joue. Parce que d'abord, l'une des premières choses que tu apprends dans ce contexte-là, c'est que tu es tout petit. Et quelque soit que tu peuves faire c'est toujours un grain de sel, un seul grain de sel. Parce que le problème est tellement complex et grand. La question des violences liés au sexe est une des questions. Elle est très importante, mais il y a beaucoup de questions très importantes chez nous. Parce que ce qui se passait au Rwanda en 1994, c'est un symptome. Ce symptome est aussi grave qu'un génocide, mais ce n'est qu'un symptome.
Qu'est-ce qu'il y a derrière? Il y a un pays en transistion politique. Le génocide est un moyen de répression ultime qu'on dégage déjà bien avant. En 1963 il y a eu un rapport suisse parlant des actes de génocide, en particulier ce qui s'est passé en #Adicongolo, qui est une préfecture de Rwanda. Ça a été documenté. Bertrand Russell et Jean-Paul Sartre en ont parlé. Donc, c'est l'aboutissement d'un long processus. Qui est un peu l'image de ce que les états, qui ont été maintenus artificiellement par la guerre froide, devenaient. Le processus post-colonial a été bloqué par la guerre froide, par le jeu des influences. Quand le mur de Berlin est tombé, les deux super-puissances n'avaient plus autant intérêt à ce que les pays soit maintenus autant en paix. C'est pour ça que c'était possible aussi d'avoir une guerre en 1990. La guerre qui à commencé en octobre à beaucoup de caractéristiques de la #rolance de ce mouvement post-colonial. Donc, c'est d'abord un pays en transition, vers ce qu'on aime appeler communément le processus démocratique. C'est un pays qui à expérimenté la violence ethnique. Je suis aussi inconfortable avec le mot ethnie parce que sa signification etymologique ne correspond pas aux réalités des groupes en presence Rwandais, qui sont trois. Mais, pour faire courts, on dit des ethnies.
Donc, le génocide, par essence, est un problème ethnique ou racial ou, en tout cas, discriminatoire. Une tentative délibéré d'exterminer. Alors, quand on pense au Rwanda, il faut penser à ça. Ça veut dire quoi? Ça veut dire que le régime génocidaire à eu "l'ingéniosité" d'impliquer une si importante partie de la population qu'aujourd'hui nous nous retrouvons dans un contexte òu le tissue sociale est déchiré. Nous nous retrouvons dans un contexte ou structurellement l'économie Rwandaise n'est pas viable. On classe Rwanda parmi les pays le plus pauvre. Ça veut dire no future, ou pas beaucoup. Ça veut dire le poids de la dette aujourd'hui, la dette qui a servie à acheter les machetes, aujourd'hui ceux qui essayent de reconstruire le Rwanda doivent la payer. Ça veut dire que les soins de santé pour principalement ces femmes qui ont survécu à la violence sexuelle sont extrêmement réduits et, en face de réduction, dans un processus de privatisation. Ça veut dire que, pour un pays qui à l'une des plus grandes prévalence de SIDA, c'est un drame. Ça veut dire tout ça. Ça veut dire une pays se trouvant dans une sous-region qui est très perturbée et òu le projet genocidaire était tendue. Donc, parler de son rôle devient vraiment prétentieux dans ce contexte-là.
Cela étant dit, face à ce problème là, mon analyse de départ a toujours été de dire que la justice est quelque chose qui devait venir comme un "package." Et dans ça, le Tribunal International pour le Rwanda n'est qu'un pilier. Mais dans un contexte de crise comme celle que j'ai décrite, il faut faire flèche de tous bois. Et c'est comme ça que je situe mon travail avec les autres. Après le génocide il y a eu une querelle entre le Rwanda, qui avait demandé à la creation du Tribunal pénal, et la communauté internationale. Non seulement parce que la justice conçus à Arosha laissait si peu de place au Rwandais, non seulement comme peuple à travers des individus humains, mais aussi comme état. Le Rwanda a mal vécu la manière dont la création du Tribunal a été faite. Mais pas seulement. Parce que parfois on tend à reduire, quand on y fais attention, les doléances de Rwanda comme précisément des doléances. C'est à dire des choses qui tiennes plus de l'irrationel de l'émotion, ce qui n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai parce qu'il faut retracer toute la presence, toute la question de la sécurité collective au Rwanda.
Un jour un ministre Rwandai, accueillant Monsieur Kofi Annan au Rwanda, fait un discours en disant que le Rwanda avait 72 ans de contentieux avec les Nations Unies. Mais peut-être dans un passé un peu plus recent, il faut ne pas oublier qu'en 1961, quand il y a eu les premiers massacres collectifs, les Nations Unies étaient en train de superviser Rwanda, de maintenir la paix. Quand les accords d'Arrosha, du 4 aout 1993, ont été signés, comme mesure d'accompagnement il y avait la transmutation de ce qu'on appelle le groupe d'observateurs militaires, òu la substitution à une presence de ce qu'on à appelé la minuare. La minuare était une opération mission de Nations Unies au Rwanda, le maintien de la paix pour la mise en pratique des accords de #Pedarrousha. L'histoire à dit la suite. Seulement ils étaient au courrant comme ça a été documente. Toutes les chancelleriens importantes au Rwanda savaient qu'il y avait une préparation au génocide. Il avait eu des actes. Pas des actes caches. Le Rwanda entrera dans les accords des Nations aussi parce qu'il à eu l'un des génocides les plus #médiatises. Nous y assistions. Mais pas seulement. La mission des Nations Unies, chargé de maintenir la paix au Rwanda, a été reduite dès avril, quand le génocide a commencé. La mission des Nations Unies à refusé d'accueillir des personnes qui demandaient de l'aide. Ils disaient que ce n'est pas dans leur mandat.
Pour résumé: le disfonctionnement a été à un tel point que la personne qui avait le commande de la mission des Nations Unies, le général Dallaire, a fait aujourd'hui une pression nerveuse parce que tous ses appelles sont restés en vain. Et la mission des Nations Unies, et la Minuar II, est revenue, cette fois ci quand le génocide avait été arreté par les troupes des fonds patriotiques Rwandais. Ça c'est la situation, donc il y a du côté Rwandais une méfiance énorme, et le sentiment d'avoir été trahis. Un ami à moi qui est mort pendant le génocide m'écrivait en février -- Pascal avait été avec moi à l'école -- et je me rappelle que quand il avait terminé sa fac de droit, je lui disais "mais pourquoi tu retournes au Rwanda?" Il dit, "mais il faut que j'y retourne." Nous nous étions perdus de vu. Je n'étais pas d'accord avec son retour à l'époque, dans les années '89. En fevrier '94, il m'écrivait, parce qu'il avait pu retrouver ma trace. Il était si confiant. Je ne sais pas òu ce qu'il est mort. Il avait fait deux enfants. Il avait une épouse. On ne sait pas òu est-ce qu'elle a disparué. Il semble qu'il y a un des enfants qui à survécu, mais je ne sais pas òu. Et pour mésuré le sentiment, l'incrédibilité Rwandais, il faut comprendre ces événements-là. Le Tribunal International pour le Rwanda était situe à Arrousha. Arrousha est le lieu de notre échec. Le génocide est la signature selon quoi les accords d'Arrousha n'étaient pas réalisable. Nous y avions cru tous.
Alors il y a presque aucune confiance dans un systeme qui n'a pas aidé.
Non. Non. Ça a beaucoup changé, et je sais que je me suis attelée pas parce que j'avais plus confiance aux systeme de Nations Unies que mes compatriotes, mais parce que l'immensité du problème me faisait penser qu'il faut absolument faire flèche de tous bois. Et je ne suis pas la seule. Il y a des personnes au Tribunal Penal #_______ pour le Rwanda qui ont beaucoup travaillé aussi. Et il y a beaucoup de critique à l'égard du Tribunal International pour le Rwanda. Je pense qu'il y en a beaucoup. Ils sont bien fondés. Mais la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a. C'est un nouveau mécanisme. Dans le principale héritage d'être juste à la période après la seconde guerre mondiale, c'est à dire le procès de Nuremberg, c'est à dire Tokyo, c'est à dire la convention sur le génocide qui date de 1948, c'est ensuite un mécanisme qui doivent beaucoup au travail du mouvement international des activistes de droits humains. C'est à dire, des activistes qui ont toujours réclame face à des régimes dictatoriaux. Des règles d'équiter pour ceux qui était prévenus. Les prévenus contre les régimes dictatoriaux, c'était des gens qui se battait pour leur liberté. Mais les prévenus à Arrosha ne se sont pas battus pour la liberté. En troisième lieu ce mécanisme doit -- c'est difficile à dire -- ce mécanisme des jeunes, ce mécanisme à besion d'être renforcer. Mais c'est un mécanisme qui est le reflet du système de Nations Unies qui est lent. Une admistration privilegiée, la memoire institutionelle, la systématisation, l'impersonnalisation. Alors quand c'est un mécanisme des Nations Unies qui doit ses fonds au pays donateur de conseil de sécurité, alors on peut imaginer ce que c'est. L'ésprit de la justice à Arrosha tend beaucoup à un idéal de l'universalité de crime de génocide, ce qui est très beau, et ce qui est important. La réalité de cette universalité est une autre histoire qui mérite d'être racconter.
Mais peut-être pour résumé nous nous trouvons devant un mécanisme qui se trouve à deux heures d'avion du Rwanda. Pour les courts le procureur général se trouve à la Hague entrein de traviller aussi à un autre problème important du siècle, la question de l'ex-Yugoslavie, et le procureur adjoint se trouve à Kigali avec son équipe d'investigateurs. Pour travailler le procureur Moona aujourd'hui à besoin de travailler avec la Hague, d'òu il dessine ou fait approuver la politique d'investigation. Les communications dans les pays dit "du tier monde" surtout quand ça implique un avion, ou de télécommunication sophistique, c'est autre chose qu'aux États Unis. Et si il a besoin d'un support administratif il doit avoir au court un bureau du greffier. Je pense que, et le procureur adjont, et le greffier #Aukali ont fait beaucoup pour essayer de rapprocher le Tribunal de Rwanda. Et nous y avons tous travailler. Je pense que quand, face à ces problèmes, mon objectif en faisant ce travaille de l'observatrice des travaux du Tribunal a été double. D'abord amène une perspective Rwandaise dans les travaux du Tribunal Penal International, en quoi faisant, en travaillant avec mes soeurs, les autres femmes et les autres défenseurs des droits des femmes Rwandai et autre, qui vivent au Rwanda, à travailler à l'articulation des besoins des survivants des violences sexuelles en termes de justice.
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