Alice Karekezi Interview (en Français): Conversations avec l'Histoire; Institute of International Studies, UC Berkeley

La Justice au Rwanda: Les Droits des Femmes; une conversation avec Alice Karekezi, activist pour les droits humains; 5/10/99 par Harry Kreisler/Nanou Matteson
Photo Jane Scherr

See also the interview with Alice Karekezi in English by Harry Kreisler

Page 4 de 4

Les Victimes au Rwanda

Quels sont les besoins des survivants de ces crimes de violences sexuelles?

Ces besoins, comme je disais, sont larges. Ils sont un image des problèmes qu'elles ont recu. Aujourd'hui la femme au Rwanda est soite veuve, et ce sont des jeunes veuves. La population Rwandaise est constituée à 60% des jeunes. Ce sont des femmes qui élèvent des orphelins. Ce sont des femmes qui ont des maris en prison, ou des frères, ou des pères, ou des soeurs -- parce que le Rwanda est l'un des pays òu les femmes ont beaucoup participe à la commission de génocide y compris à la commission des actes sexuels, des violences sexuelles -- ce sont des femmes qui ne sont pas toujours instruite. Ce sont des femmes qui ont des problèmes économiques important et qui sont dans un contexte òu on doit reconstruire.

Quand on parle de reconstruire on voit surtout le futur et leur drame peut-être en dehors de l'agenda. Donc, il était important de montrer à quel point, que ce soit au Rwanda, que ce soit en dehors du Rwanda, ce problème était important. Le mettre dans l'agenda. Arriver à ça. Il était important -- et c'est mon objectif -- refléter l'agenda féministe dans les travaux du Tribunal International pour le Rwanda. C'est à dire que les violences sexuels qui ont été commise ne sont des crimes de seconde zone. Parce que ça n'a pas était commis seulement, malheureusement comme c'est commis dans les situations de conflits. La violence sexuelle a été utilisé comme une arme de génocide.

Donc, ça c'était les deux choses, et je ne suis pas venue dans un "no man's land." Les femmes Rwandaises, même quand j'ai été encore à l'étranger, ont travailler à ça. Elles ont obtenu comme notre propre législation, qui réprime le génocide, introduise la violence sexuelle comme un crime de première catégorie. Ça à quitté la catégorie quatre, la dernière, pour aller à la catégorie un. Ça indique que ça c'est un problème pour elles. Donc, ce que j'ai fait, ce que je les ai rejointe, et j'ai apporté ma perspective et nous avons travaillé dans un reseau. Ce ne sont pas seulement les femmes Rwandaise avec qui nous travaillions parce que comme je l'ai decrit c'est une société très fracturé et ma perspective feministe est de ne pas marginalisé les problèmes particuliers aux femmes. Donc dès nos departs j'ai associé des hommes qui nous ont fait l'amitié et la solidarite de venir, et qui le font encore. Donc, c'est quelque chose de plus complexe.

L'autre chose que nous avons essayé de faire c'est d'apporter faire des coalitions, construire des coalitions et cette fois ci c'était avec d'abord les femmes à l'extérieur le mouvement feministe et nous avons beaucoup, beaucoup, beaucoup été épaulé par d'autres femmes à l'extérieur -- activistes des droits de femmes -- travaillent avec une coalition internationale des droit des femmes en situations de conflit. La plupart d'entre elles sont en Amerique du nord et la base de notre coalition se trouve à Montreal au Centre International des Droits de la Personne et le Development Démocratique. Et essayer de faire en sorte que nous puission nous joindre dans nos deux agendas, travailler ensemble. Et mes identités pluriels me permettaient d'etre au milieu de cette coalition. Nous avons fait une coalition entre le monde académique et les groupes de femmes.

Dès le départ, parce que j'étais partie au Rwanda pour enseigner la criminologie, je demandais aux étudiants de travailler sur les questions. J'ai toujours dit, nous avons été experts dans un génocide de record, il faut que nous soyons experts pour comprendre les causes et les conséquences. Et j'ai toujours associé mes activités activistes à mes activités à l'université. Et le forum crée était ouvert aux étudiants, aux enseignants, et pour le moment nous sommes vraiment, vraiment soutenus dans ça. Donc, c'était faire flèche de tous bois. Entre crée un dialogue entre le TPR (le Tribunal Penal International pour le Rwanda) et le Rwanda, en particulier les femmes Rwandaises, entre donner une vie à une coalition qui, au départ, était extravertie, la localiser. Et apporter une perspective Rwandaise à cette démarche. L'une des choses les plus importantes était de demander une présence pour la victime dans ce tribunal-là. Le Tribunal est beaucoup influencé par le droit anglo-saxon. Et dans le droit anglo-saxon le contencieux est très important, "litigant." Mais la question des droits civils #_______ est tout a fait marginalisée. La présence de la victime elle-même est tout à fait marginale. Donc, à un tel point qu'une des dispositions les plus importantes pour nous Rwandais qui se trouve dans l'ésprit de la règle 34, n'a jamais eu autant d'importance. Sauf pour le bureau du greffier. Nous avons soutenu le document que le greffier a fait en faveur d'une justice qui prendrait en compte les intérêts des victimes. Nous négotions avec la conseillère #Anjant du greffier depuis aout '97 pour qu'il ait un soutiens aux victimes. Pour qu'une justice plus préoccupée des intérêts de la victime se fasse jour et nous avons beaucoup, beaucoup, beaucoup de mal.

Parce que la victime est blessée au plusieurs niveaux.

Plusieurs niveaux, oui. Plusieurs niveaux. Ce que j'ai découvert avec ces femmes qui ont survécu à ça, elles sont blessées au moins à trois niveaux. Bon. Il y a cette dimension importante mais abstraite de ce qu'on appelle le droit humain de ces femmes. Leurs droits étaient violés. Leur intégrité physique et mentale a été atteinte. Et la dimension judiciaire de la réponse devient importante là. Ça c'est un niveau institutionel. Dans le cas du génocide non seulement l'état, même si la victime n'est pas intéressée à introduire une action, l'état doit intervenir. Mais également la communauté internationale, parce que le génocide est un crime de compétence universel. Ça c'est l'ésprit de la pré-guerre mondiale. Alors, il y a ce niveau institutionel. Je pense que cela est justifié dans le contexte du Rwanda à la création des chambres specialisées, ce qu'on appelle la juridiction domestique, et aussi la création du Tribunal International pour le Rwanda, òu des procès qui ont lieu dans des juridictions nationales étrangères. Ça a eu lieu ici au Texas. Ça a eu lieu en Belgique, en Suisse, en France, au Canada, pour ne cité que ceux-là.

Maintenant, il y a un autre niveau. Je disais, tout à l'heure que le génocide 1994 associe en particulier aussi qui s'est fait par des personnes de l'environment. Des voisins, des amis, des membres de famille. Bref, des gens avec qui vous vivait tous les jours. Quand on sait quel est le rejet que subissent qui ont été victimé de crimes de violences sexuelles, quand on sait, non seulement au Rwanda, quand on sait la peur dans laquelle elles vivent, quand on sait le sentiment de culpabilité qui les animes, et que souvent la réaction c'est de les mettre un peu en ostracisme. Alors, comment une personne qui vie dans un environment òu les gens savent qu'elle à subit cela, nous le savons de manière certaine, òu consciemment ou inconsciemment, la faute lui est attribuée. Et dans mon pays, les bourrus et les victimes se côttoient. C'est l'un des génocide de proximité, je ne sais pas si il y en a eu un autre. Ils se côttoient. Ils savent. Le Rwanda peut-être traverser en deux heures de part en part. C'est un petit pays. Les gens se connaissent. Cette femme qui à subit une torture est en conflit avec une communauté dans laquelle elle devrait normalement trouver du confort. Elle est en conflit, parce qu'elle est rejetée. Expressément ou non-expressément.

Il y a une autre dimension beaucoup plus complexe parce qu'intime. J'ai appris que les personnes qui subissent des violences sexuelles, et surtout le viole, l'une de leur première réaction est de se lavée. Ça indique quoi? Ça indique qu'elles se sentent salle ou souillie. Quand on pousse la réfletion, on comprends quelles difficultée elles ont désormais de vivre avec un corps qui peut-être le leur, leur appartient, mais pour avoir été possedé contre leur gré, leur a été arraché. Le corps n'est plus à eux, mais c'est quelque chose dont ils ne peuvent pas se debarraser. Cela indique que leur identité psycho-sexuel est très boulversé. Comment vis-tu avec un corps qui a été le tiens mais qui ne l'est plus, mais dont tu ne peux pas te debarrasser? C'est ma comprehension de la chose. Et chaque fois je me dis, qu'est-ce que je ferais à la place? Et quand on pense à apporter des remèdes il faut voir cela. Je vous fais l'économie des autres problèmes. De vivre ensemble, de rebâtir ensemble. Les problèmes sont de nature urgente, parce qu'il faut regler des problèmes évidents, des problèmes médicaux, des problèmes d'abris, des problèmes d'équilibre politiques. C'est une réalité. Mais les problèmes sont aussi, comment guerrir une société? Comment une société qui a vecu ça se survit.

Et bien, vous nous a donné une perspective actuelle et informée sur la situation historique et actuelle au Rwanda. Et c'est un inspiration de voir quelqu'un qui travaille "avec les pieds dans la boue." Merci beaucoup, Alice Karekezi, pour cette conversation. Et merci à vous d'avoir participé à cette "Conversation avec l'Histoire."

KarekeziKarekeziKarekezi
Photo Jane Scherr

© Copyright 2000, Regents of the University of California

À la homepage Conversations avec l'Histoire.